La marche à la guerre avance tambour battant. D’un côté, il faudrait être prêt « à accepter de perdre ses enfants » pour la guerre impérialiste (déclaration du chef d’État-major le 18 novembre 2025). Dans le même temps, Macron annonce la réouverture d’un service militaire volontaire, dont chacun·e sait que les premières cibles seront nos élèves issu·es des classes populaires.
D’un autre côté, pour la première fois durant la Ve République, le budget de l’armée dépassera celui de l’Éducation nationale. Ce choix politique est clair : on sacrifie l’avenir, l’émancipation et l’éducation de la jeunesse au profit de la militarisation et de la préparation à la guerre.
En brandissant une « menace russe » (ou chinoise, au besoin), l’État français, et plus globalement le bloc UE-OTAN, se lance en réalité dans une véritable course à la guerre dans une compétition mortifère entre grandes puissances pour défendre des intérêts qui ne sont pas ceux du monde du travail. Tout cela promet d’enrichir les industriels, notamment de l’armement, tout en imposant une mise au pas aux travailleur·euses et à la jeunesse.
Pourquoi en tant que syndicat de l’Éducation, nous devons mettre cette question au cœur de nos revendications ?
1. Des moyens pour l’Éducation nationale, pas pour les Rafales
Alors que dans les écoles et établissements nous manquons déjà cruellement de moyens, ce qui dégrade considérablement nos conditions de travail et les conditions d’études de nos élèves, alors que nos salaires ont fondu avec l’inflation, le gouvernement nous promet une austérité brutale tandis qu’il augmente massivement ses budgets militaires. Chaque centime dépensé pour la guerre l’est en moins pour l’Éducation et plus globalement pour les besoins sociaux de la population.
2. Refuser la militarisation des esprits
En novembre 2025, l’Éducation nationale a publié un guide intitulé « acculturer les jeunes à la défense », manuel de propagande destiné aux enseignant·es. Tout est bon pour embrigader la jeunesse : valorisation des classes défenses, partenariat avec l’armée dans le cadre du « parcours avenir », intervention dans les classes… D’autant que la mise en place d’un nouveau service militaire sera valorisé dans le cadre de Parcoursup.
Nous avons donc un rôle à jouer pour faire de l’École un lieu d’émancipation et non d’embrigadement ! La guerre brise des vies, détruit des écoles, prive des millions d’enfants de leur droit fondamental à l’éducation. Notre devoir d’éducateurs·trices et de pédagogues est de développer l’esprit critique de nos élèves face aux discours bellicistes.
S’organiser et préparer la riposte : guerre à la guerre !
Face à ces offensives accélérées, les personnels de l’éducation ont un rôle à jouer pour s’opposer à la course à la militarisation et refuser de préparer leurs élèves à être la chair à canon de demain. C’est par une organisation collective que nous pouvons répondre à la situation qui nous est imposée. En construisant par en bas, dans nos écoles et nos établissements, avec nos syndicats et en alliance avec les familles, une riposte alliant la lutte contre la casse de l’école, contre l’austérité et les budgets de guerre, à celle contre la mise au pas de la jeunesse.



