Échos des départements (JA n°206)

78 – Retour sur le stage EVAR-S 

Organisé le 20 novembre dernier sous l’égide du tout nouveau collectif VISA 78, le stage « Enseigner l’Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle : un enjeu pédagogique, éducatif et politique » a réuni 100 participant·es. Une belle réussite pour l’intersyndicale qui avait invité Fanny GALLOT, historienne, et Cécile GONDARD-LALANNE, membre du CESE et co-rapporteuse du rapport sur l’EVARS ! Après leurs interventions, Aude PAUL de la CFDT EFRP et Marie DAGNAUD de la FERC CGT ont mis en lumière le rôle des syndicats pour infléchir et enrichir les programmes d’EVARS qui, s’ils restent encore à améliorer, constituent une avancée notable dans la lutte pour l’égalité.

L’après-midi, différents ateliers ont été proposés : auto-défense des élèves, accueillir la parole des élèves, outils pédagogiques 1er et 2nd degré, conscientisation des pratiques pour une pédagogie égalitaire, ripostes et réponses syndicales aux pressions des anti-EVARS.

À l’issue de cette journée, nos organisations entendent poursuivre leur mobilisation pour que l’administration se donne les moyens de mettre réellement en œuvre ces programmes. D’abord en exigeant une formation institutionnelle à la hauteur des enjeux ainsi que des moyens humains et financiers dédiés. Mais aussi en construisant des temps d’échanges entre pair·es pour permettre à toutes et tous de s’approprier ces questions et de poursuivre la nécessaire lutte pour une éducation émancipatrice.

91 – Nos élèves et nos collègues étranger·es étudient et travaillent ici, ils et elles restent ici !

Les mesures gouvernementales contre les droits des étranger·es ne cessent de se durcir et doivent nous inviter, plus que jamais dans le contexte politique actuel, à nous mobiliser pour défendre des valeurs fraternelles et humanistes dans tous les secteurs et à tous les niveaux. Nous constatons avec indignation, depuis la mise en place de la circulaire Retailleau, un acharnement administratif tout particulier sur les jeunes étranger·es scolarisé·es en Essonne. Les OQTF (Obligations de Quitter le Territoire Français) pleuvent et continuent de pleuvoir sur des jeunes qui préparent un Bac, un CAP ou un BTS, ou qui sont déjà en apprentissage. Ces OQTF brisent leur parcours scolaire et leur vie. Après le 15 octobre, une mobilisation départementale, à l’appel du collectif Exilés 91, a été organisée le 19 novembre pour demander la levée des OQTF qui pèsent sur des élèves de plusieurs lycées du département. Les dossiers sont traités dans l’opacité et l’arbitraire le plus total. Ces jeunes scolarisé∙es sont menacé∙es d’être renvoyé∙es dans leurs pays, alors qu’ils et elles sont, depuis de nombreuses années, inséré∙es dans leurs établissements, dans leurs villes. Leurs vies sont ici, leur avenir est ici ! Pour certain·es, compte tenu des raisons qui les ont poussé·es à fuir et à venir en France, cette menace d’expulsion équivaut à une condamnation à mort. La préfecture de l’Essonne a été informée de ces situations.

D’autre part, les services préfectoraux en manque de personnels ne sont plus en mesure de tenir les délais pour les renouvellement des titres de séjour ce qui a pour conséquence d’entraîner la rupture immédiate des contrats de collègues étranger·es. Pour deux collègues, notre interpellation du Rectorat a permis de régler la situation mais combien d’autres se retrouvent ainsi brutalement sans emploi ? Nous exigeons qu’iels restent en poste le temps que le renouvellement du titre puisse se faire.

92 – Postes d’AEd : nouvelle répartition d’une enveloppe insuffisante

Alors que la répartition des postes d’AEd entre les établissements du département n’avait quasiment pas bougé depuis de nombreuses années, la DSDEN 92 a finalement décidé de consulter les organisations syndicales sur un projet de nouveau barème. Son objectif est d’avoir une « cible » du nombre de postes dans chaque collège et lycée, qu’il s’agirait ensuite d’atteindre en quelques années. La question du nombre total de postes est évacuée d’emblée, malgré l’insuffisance manifeste de l’enveloppe de moyens au vu des besoins.

Au cours du groupe de travail réuni par le DASEN, la CGT Educ’action 92 a dénoncé le manque de vision globale et les innombrables incohérences du projet présenté. Parmi celles-ci, citons par exemple l’absence de prise en compte des effectifs d’élèves dans l’attribution d’une dotation complémentaire pour les établissements à faible IPS : 2,4 ETP, qu’il y ait 80 élèves ou 2700 ! D’autres choix sont discutables, comme de ne pas mettre plus de postes dans les collèges accueillant une SEGPA. En revanche, nous avons accueilli favorablement l’idée d’un plancher du nombre de postes (3,5 ETP en collège, 3 ETP en lycée), que nous réclamions chaque année.

L’indigence du projet de barème remet grandement en cause le caractère indiscutable des « cibles » de dotations que présente régulièrement la DSDEN pour justifier des baisses de moyens. Ce groupe de travail aura au moins eu le mérite de faire craquer le vernis technocratique. Les besoins exprimés dans les établissements doivent maintenir se traduire par des créations de postes !

95 – La CGT Éduc’action 95 contre les violences sexistes et sexuelles

La CGT Éduc’action 95 se mobilise contre les Violences Sexistes et Sexuelles (VSS) et soutient la section CGT Éduc’ du lycée Romain Rolland de Goussainville dans son refus d’invisibiliser ces agressions et dans sa volonté de mettre en place des espaces pour recueillir la parole des élèves sur ce sujet, comme sur tous ceux qui participent d’une oppression, qu’elle soit d’ordre sexiste, sexuelle, mais aussi raciste, d’autant plus quand cette oppression émane d’une figure d’autorité.

En effet, le traumatisme vécu par la communauté éducative et la communauté d’élèves, à la fin du mois de novembre au lycée Romain Rolland de Goussainville, est à la hauteur du fait dénoncé, preuves à l’appui, par un élève de 17 ans concernant une conversation d’ordre sexuel sur une application de rencontres, entretenue par le chef d’établissement, en sachant que cet élève était mineur et scolarisé dans son établissement.

En réaction à cet événement, la section CGT Éduc’action de l’établissement a immédiatement réagi, car c’est notamment auprès de camarades de la section que l’élève s’est confié. Iels ont immédiatement donné l’alerte auprès de la CGT éduc 95, qui a lancé une alerte immédiate auprès de la DSDEN. Le chef d’établissement a été suspendu dans la foulée et il s’est agi dès lors, pour nos camarades, d’ouvrir des revendications plus larges sur le traitement des VSS au sein de leur établissement, et plus globalement au sein de l’Éducation nationale. Alors que la hiérarchie entendait les faire reprendre dès l’après-midi même, nos camarades ont exigé deux jours pour se réunir, préparer la reprise et travaillé plus précisément sur des modalités concrètes de traitement des VSS, depuis la parole des élèves jusqu’à leur accompagnement par des personnes « ressources ». Cet événement a permis de remettre en pleine lumière un certain nombre de violences passées, à caractère raciste, sexiste et sexuel, émanant d’adultes de l’établissement à l’encontre d’élèves ou de collègues. Ces faits de violence avaient déjà été remontés, notamment au sein de fiches SST, mais n’avaient pas été traités par la hiérarchie.

La CGT Éduc’action 95 accompagne la section CGT du lycée de Goussainville et demande que ces anciens dossiers soient traités avec le sérieux et la transparence qu’ils nécessitent. En parallèle, elle entend aussi se saisir de cette affaire pour faire évoluer positivement les mentalités et les pratiques de traitement des VSS au sein de l’Éducation nationale, et plus largement.

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