Nous avons raison d’être là !

 

Ces quelques lignes sont écrites après la mobilisation contre la loi travail XXL du 16 novembre dernier. Il serait parfaitement malhonnête de dire que nous avons assisté à un raz de marée dans la rue contre la politique du gouvernement.

 

Pourtant, et c’est le titre de notre édito, il ressort l’idée que nous avions raison d’être là. Bien entendu, nous devons nous interroger sur notre stratégie, sur la construction d’un rapport de force permettant de gagner. Pourtant, les manifestant-e-s présent-e-s exprimaient un sentiment profond et qui ne peut que grandir. Ce sentiment que la politique menée par le gouvernement, dans la lignée des précédents, n’est pas une marche en avant dans la modernité mais tente, au contraire, de sanctuariser des reculs importants dans les conquêtes sociales.

 

Alors oui, nous avons raison d’être là dans la lutte avec les collègues, les militant-e-s, les camarades qui ne se résignent pas. Il ne s’agit pas seulement d’un peu de lyrisme, forme de méthode Coué militante. Il s’agit au contraire d’affirmer que nos convictions, nos orientations ne sont pas les vestiges d’une période lointaines, des combats d’arrière garde comme on veut trop souvent nous le faire croire.

 

Nous avons raison de nous opposer à cette nouvelle loi travail qui veut isoler de plus en plus les salarié-e-s face à leur patron. Faire sauter la convention collective pour favoriser la mise en concurrence de tout-e-s augmentant le dumping social. Revenir sur le système de la sécurité social, jetant à la poubelle la solidarité collective prise sur les fruits du capital pour individualiser encore plus chacun-e et notamment les plus démunie-s.

 

Nous avons aussi raison de défendre une école émancipatrice qui ne s’arrête pas aux frontières. Cela signifie porter une égalité véritable qui ne reproduise pas les inégalités inhérentes au système capitaliste.

Notre Ecole doit permettre à tout-e-s de réussir. Cela implique de mettre en place les moyens nécessaires pour réduire sensiblement les effectifs, de recruter des enseignant-e-s mais aussi des personnels administratifs, de santé, sociaux, des techniciens.

 

Cela implique aussi de repenser notre fonctionnement pédagogique en favorisant les innovations pédagogiques faisant le lien avec l’émancipation des élèves, en repensant la gestion collective de nos métiers, car nous sommes les mieux placés pour décider de ce qui est nécessaire. Une école émancipatrice ne peut être celle où les élèves des classes populaires verraient comme planche de salut unique l’apprentissage à la sortie du collège déléguant ainsi leur formation professionnel au patronat.

 

Nous avons raison d’être dans la lutte ! Nous avons aussi raison d’être à la CGT comme des millions de camarades avant nous pour affirmer notre conviction que l’égalité ne peut se cantonner à un slogan et doit rester le but à atteindre.

 

Mathieu Moreau

 

Co-secrétaire CGT Educ’action 95