La crise sanitaire a fait apparaitre au grand jour les manques de personnels administratifs et l’absence de moyens de remplacements. Alors qu’on parle de « RH de proximité », l’objectif affiché est d’accentuer encore la dématérialisation. Lors d’un Groupe de Travail « outils numériques de communication lors des opérations de mobilité enseignante », l’administration a ainsi présenté un portail mobilité pour le mouvement intra-académique, inspiré des plateformes de contestation privées (assureurs, opérateurs téléphoniques…)

 

Il s’agit bien de supprimer toute transparence sur les garanties collectives, qui existaient encore, notamment à travers les CAPA. Ce portail n’est qu’un début, il a vocation à devenir l’accès prioritaire des agents à tout leur dossier. La relation est totalement individualisée.

Sur ce portail, les personnels dialogueront avec un « assistant DPE virtuel » ou un chatbot. Voilà ce que l’administration considère comme de la « proximité », le fait de pouvoir poser des questions à un robot. Une belle façon de réduire le personnel à terme ! L’agent·e aura aussi accès à un nuage de mots pour l’aider sur les questions les plus récurrentes. Il est à craindre une difficulté supplémentaire pour avoir accès à une personne réelle au téléphone.

 

Comble de l’ironie, le Rectorat y voit une revalorisation du métier de gestionnaire qui serait libéré des petites tâches pénibles (photocopies, réponses banales…) et pourrait se concentrer exclusivement sur des situations plus complexes et enrichissantes.

 

La CGT Educ’action refuse cette déshumanisation, elle exige les embauches nécessaires et la mise en place de titulaires-remplaçant·es pour les personnels administratifs.

L’Institution poursuit sa mise à distance des personnels en déshumanisant un peu plus la relation qu’elle est censée entretenir avec celles et ceux dont elle a la charge. Cela a commencé avec le retrait du champ des CAPA des opérations liées à la mobilité des personnels mais aussi de leur avancement, puis la mise en place d’une boîte mail dédiée pour dialoguer avec les représentants des personnels qui n’a fait que dégrader la qualité du dialogue construite au fil des années avec l’Institution. Et maintenant, la robotisation !

 

Ce projet confirme que l’école de la confiance n’est qu’un slogan et que l’Institution, si elle est en marche, c’est en direction de l’Ecole de la maltraitance et de la souffrance pour ses personnels. Cette destination, la CGT Educ’Action la refuse et la dénonce.

 

Cette CAPA va étudier les avancements accélérés d’échelon du 6 au 7ème et du 8 au 9ème , suite aux avis reçus lors des rendez-vous carrière. Il nous semble utile à cette occasion de rappeler la position de la CGT concernant le PPCR (Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations). En effet, les organisations de la CGT Fonction Publique avaient refusé de signer le protocole d’accord issu de la négociation portant sur le PPCR. Notre organisation n’était pas seule puisque les syndicats représentant une majorité des personnels de la Fonction publique s’étaient prononcés contre ce texte. Ce nouveau système de promotion, continue donc de s’appuyer sur une notion subjective de “mérite” qui n’a pas le moindre sens dès lors que l’on sait ce qu’est le métier : rappelons d’ailleurs que nos supérieurs hiérarchiques - proviseurs et inspecteurs - échappent à cette promotion “au mérite” pour le changement d’échelon, prouvant ainsi qu’il est tout à fait possible de considérer une fonction comme étant méritante en tant que telle, sans rentrer dans le jeu d’une concurrence distordue et arbitraire. Il a été décidé en haut lieu, là où personne n’enseigne jamais, que seuls 30% du corps pouvaient être “méritants”. Les 70 autres pourcents ne le sont pas et ne peuvent l’être, par simple décision administrative. Il faut donc bien trouver les heur·eux·ses élu·e·s “méritant·e·s”! On a donc créé dans la plus pure tradition de notre Ministère une usine à gaz qui mêle inspection, rendez-vous auprès du chef d’établissement et avis de la Rectrice vécu comme posé lui aussi de façon arbitraire comme nous l’avons dénoncé lors des CAPA recours.

 

Pour donner un avis à la promotion, l’administration s’est basée sur les avis des inspect·eur·rice·s dont il a été difficile de savoir sur quelle base celui-ci était fondé laissant place à un sentiment d’arbitraire. D’autant que des rapports de même teneur ont abouti à des avis rendus à l’opposé.

 

Ce système d’évaluation révèle une mise en concurrence des collègues entre e·ux·elle·s, entre disciplines où les disparités persistent et l’hypocrisie de l’évaluation dite individuelle. Il s’agit bien de la mise en place de techniques managériales qui visent à pousser les collègues à la servilité et à l’acceptation de plus en plus de tâches en leur faisant miroiter une possibilité d’une promotion. Nous craignons que ce système n’aboutisse qu’à une plus grande souffrance au travail, à des troubles psychosociaux, stress, anxiété, burn out… Il peut conduire aussi à une démotivation pour tou·te·s celles et ceux qui croyaient bien faire leur travail jusqu’ici et se sentent légitimement déconsidérés par leur hiérarchie. 

 

C’est pourquoi nous réitérons notre demande d'un système d'avancement d'échelon et de grade automatique pour tou·te·s avec une déconnexion totale de la rémunération avec l’évaluation, comme c’est le cas pour certains corps de ce ministère notamment pour celui des personnels de direction. Nous rappelons que notre organisation syndicale demande l’intégration de la Hors Classe et de la classe exceptionnelle, grade accessible seulement à 10 % de l’effectif du corps dans une grille de la Fonction Publique revalorisée, afin que tous les personnels de l’Éducation Nationale puissent accéder à l’échelon terminal maximum en fin de carrière. Dans l’attente, nous revendiquons l’établissement d’un barème national basé sur des critères objectifs de classement liés à l’ancienneté. Nous nous opposons à la "carrière au mérite", aux primes individualisées et à la multiplication des heures supplémentaires. Nous demandons une refonte des grilles de salaires et la revalorisation du point d'indice. La CGT Educ’action revendique pour sa part une augmentation immédiate de 400 euros soit 90 points d’indice pour tous les personnels, pour compenser en partie la perte de pouvoir d’achat qu’ils ont subie.

 

Les Élu.e.s CAPA PLP de la CGT-Éduc’action Versailles,

B. Snaoui, T. Vannier, F. Moreau, F. Billy

 

S. Daupin, B. Dupuis, K. François, T. Mazurais.