Contestation des avis finaux

de rendez-vous carrière

 

 

 

Dans les éléments de langage du Ministère, on nous parle de la volonté de faire de la voie professionnelle « une voie d’excellence ». Dans la réalité, cette excellence s’est traduite par des heures d’enseignement professionnel et d’enseignement général diminuées ce qui dégrade les possibilités d’insertion professionnelle et de poursuite d’études. Et ce n’est pas l’opération de communication sur l’expérimentation philosophie qui masquera cela. Les lycéen.nes de la voie professionnelle ne sont pas traités comme des lycéen.nes à part entière. Des formations et des élèves en cours de scolarité sont déplacés d’un LP à un autre. La Région et l’Education Nationale, qui n’ont pas anticipé la hausse démographique, utilisent la voie professionnelle comme variable d’ajustement. La voie professionnelle est méprisée et dénigrée par son ministère de tutelle.

 

Sur la formation professionnelle, le gouvernement fait preuve d’un aveuglement idéologique. En effet, contrairement à l’apprentissage qui est discriminatoire, la voie professionnelle scolarise tous les jeunes et en plus on y réussit mieux, on s’y oriente mieux, on y poursuit mieux ses études. Même l’insertion professionnelle est meilleure à long terme pour les jeunes qui ont eu une formation initiale sous statut scolaire. C’est un aveuglement idéologique qui pousse, au mépris des réalités, à favoriser l’apprentissage. Un milliard a été dépensé pour la promotion de l’apprentissage. Le prix de cette posture doctrinaire, ce sont 30 000 jeunes sans contrat qui en font les frais ! La CGT Éduc’action exige un véritable plan d’urgence pour l’école, notamment pour la voie professionnelle, qui permette d’accueillir l’ensemble des jeunes pour qu’ils et elles puissent obtenir un diplôme et une véritable qualification.

 

Autre symptôme de la place accordée à la voie professionnelle, dans sa dernière allocution, JM Blanquer oublie encore la voie pro et ses élèves. La CGT Éduc’action rappelle son exigence d’un traitement équitable des candidat.e.s, dans le respect des contraintes sanitaires, garantes de la santé de toutes et tous. Depuis novembre, nous n’avons cessé de faire des propositions et de demander une adaptation des programmes. Rien n’a été anticipé par le ministère. En conséquence, les personnels et les élèves se trouvent dans une situation de stress qui était évitable. Si nous sommes favorables au maintien de ces épreuves qui garantissent le caractère national des diplômes, nous réitérons la nécessité, dans les disciplines où cela est possible, d’une adaptation des sujets d’examen. Un allègement de la pression certificative est indispensable !

 

Déprogrammation de CCF liée au 3ème confinement, fonctionnement en demi-jauge, dates de remontées non modifiées… rendent le calendrier de cette fin d’année impossible. Les convocations pour les oraux dans les CFA se multiplient (notamment à cause du chef d’œuvre !) cela se fait au détriment du temps d’enseignement et complique encore le passage des CCF dans la voie scolaire. Après deux années compliquées par la situation sanitaire, les élèves de CAP ne pourront pas être évalué·es équitablement pour cette session 2021. Pour que l’école de la confiance ne devienne pas l’école de la souffrance, ces élèves fragiles ne doivent pas essuyer les plâtres de cette épreuve orale. Dans le contexte actuel, il est indispensable de neutraliser la session 2021 du chef-d’œuvre.

 

Les conditions de travail particulières de cette année scolaire ne doivent pas pénaliser les collègues dans leur RDV carrière (enseignement hybride, enseignement à distance…) Ces pratiques qui sont exceptionnelles ne peuvent pas être le reflet d’une évaluation portant sur l’ensemble de la carrière.

 

Cela nous amène à l'ordre du jour de cette CAPA qui va étudier les recours déposés par nos collègues suite aux avis reçus lors des rendez-vous carrière.

Il nous semble utile à cette occasion de rappeler la position de la CGT concernant le PPCR.

En effet, les organisations de la CGT Fonction publique avaient refusé, de signer le protocole d’accord issu de la négociation portant sur le PPCR.

Notre organisation n’était pas la seule puisque les syndicats représentant une majorité des personnels de la Fonction publique s’étaient prononcés contre ce texte et malgré cela le gouvernement était passé en force piétinant la soi-disante démocratie sociale.

 

Les chiffres des recours engagés par nos collègues, montrent que nos craintes à l’égard du PPCR n’ont pu qu’être confirmées. Nous constatons que sur 429 Rendez-vous carrières réalisés, seuls 5 recours (sur les 30 au total) sont arrivés devant la CAPA. Un tel résultat pourrait laisser penser à une large adhésion de nos collègues à cette nouvelle forme d’évaluation.

En fait, la réalité est tout autre ! Les 2/3 des collègues qui avaient entamé une procédure de recours ne sont pas allés au bout en raison de sa lourdeur.

 

Si l’on peut considérer que les gains d’une année en termes d’avancement d’échelons à l’issue des deux premiers rendez-vous carrière, a un impact relativement faible sur le déroulement de la carrière des agent.es, il n’en est pas de même pour le 3ème rendez-vous carrière qui conditionne un accès plus ou moins rapide à la hors-classe.

Nous rappelons que ce changement de grade doit permettre de considérer la carrière de l’agent.e dans son ensemble. Désormais, avec le PPCR, il se jouera sur un avis basé sur un unique rendez-vous carrière.

Dès lors, le caractère pérenne de l’avis de la Rectrice agit comme une double peine lorsque celui-ci est négatif. Cette situation est aussi injuste qu’inacceptable, ce que nous avions déjà dénoncé en juin dernier lors de la CAPA changement de grade.

 

Nous demandons que le texte ministériel paru dans le BO spécial n°9 du 5 novembre 2020 soit respecté et que l’on se rapproche des taux de 30 % des promouvables pour les avis excellent et 45 % pour les avis très satisfaisant.

Pour cela, nous soutenons les recours déposés par les collègues qui nous semblent fondés.

 

De plus nous souhaitons connaître le motif des 11 % de collègues qui n’ont pas pu être vus lors du RDV carrière (2/3 de collègues femmes…) Nous rappelons que la conséquence n’est pas anodine pour ces collègues qui ne peuvent en aucun cas bénéficier d’un avis Excellent, ce qui représente une forme de discrimination.

 

A la vue de l'importance que revêt ce passage à la hors classe (salaire, retraite…) et des dysfonctionnements que nous constatons chaque année, nous revendiquons la suppression pure et simple des avis rendus.

Ceci nous amène à rappeler notre opposition à ce système d’évaluation dit « au mérite ». Les collègues doivent le savoir, ce n'est pas leur façon de travailler qui est évaluée. Il s'agit, par le gel des salaires d'un côté, et d'une maigre possibilité d'avancement de l’autre, de caporaliser la profession. Une fois l'enveloppe budgétaire décidée, le reste n'est qu'un habillage.

 

C’est pourquoi nous réitérons notre demande d'un système d'avancement d'échelon et de grade automatique pour toutes et tous avec une déconnexion totale de la rémunération avec l’évaluation, comme c’est le cas pour certains corps de ce ministère notamment pour celui des personnels de direction.

Nous rappelons que notre organisation syndicale demande l’intégration de la Hors Classe et désormais de la classe exceptionnelle, grade accessible à seulement 10 % de l’effectif du corps, dans une grille de la Fonction Publique revalorisée, afin que tous les personnels de l’Éducation Nationale puissent accéder à l’échelon terminal maximum en fin de carrière.

Dans l’attente, nous revendiquons l’établissement d’un barème national basé sur des critères objectifs de classement liés à l’ancienneté.

 

Nous nous opposons à la "carrière au mérite", aux primes individualisées et à la multiplication des heures supplémentaires. Nous demandons une refonte des grilles de salaires et la revalorisation du point d'indice.

 

C’est pourquoi la CGT Educ’action revendique une augmentation immédiate de 400 euros soit 90 points d’indice pour tous les personnels, pour compenser en partie la perte de pouvoir d’achat qu’ils ont subie.